Bonjour,

Bien avant le sevrage, j'avais déjà remarqué que 8 jours avant mon cycle menstruel, cette période était pour moi synonyme d'enfer : changement d'humeur, bouffées de chaleur, irritabilité et/ou agressivité, déprime accompagnée de crise de larmes, sommeil perturbé, tension mammaire, etc... rien de plus normal juste avant les règles, me direz-vous.

Mais je me suis toujours demandée pourquoi ce syndrôme était amplifié pendant le sevrage ! 

Pourquoi cette période du sevrage était devenue la plus difficile à vivre ? Non seulement, je n'avais envie de rien (mis à part d'une envie irrepressible de sucré), mais les angoisses étaient décuplées, ainsi que les vibrations et les tremblements, la fatigue déjà prononcée s'en trouvait renforcée. 2 jours avant, j'avais l'impression que ma tête qui me serrait comme dans un étau allait exploser. Mon cerveau se trouvait dans un état  d'hyperexcitabilité plus qu'intense, et je me réveillais souvent vers 5h du matin, comme si j'avais pris 10 cafés. Ces 2 jours précédants mes règles devenaient ma hantise jusqu'à la fin de mon sevrage (et continuent encore à me faire souffrir, certes moins que pendant le sevrage). Souvent, cela se transformait en crise de colère et de rage, tournée contre des objets (heureusement!) et les médecins qui m'avait plongé dans ce cercle vicieux. Cet état me faisait tellement souffrir que cela se finissait bien souvent en auto-mutilation. A l'époque, je n'en ai pas parlé car on m'aurait prise pour une folle et je ne voulais pas risquer d'être hospitalisée de nouveau. Mais désormais, je n'ai plus peur d'en parler, car ce phénomène a disparu (ce qui prouve encore une fois que les benzodiaépines et leur sevrage peuvent nous plonger dans des états de conscience modifiés et nous faire faire des bizarreries que seule une modification chimique peut occasionner).

J'avais donc cherché des explications à ce phénomène, mais en vain.

J'avais quand même pu établir un lien entre les benzodiazépines et un dysfonctionnement du système endocrinien (ou système hormonal). En effet, l'hypophyse et l'hypothalamus, deux glandes bien connues dans leur rôle producteur de nos hormones, sont les chefs d'orchestre de notre système endocrinien. Sous l'action des hormones sécrétées par ces 2 glandes dans notre cerveau, l'ovaire se met à produire de l'oestrogène et de la progestérone. Situé sous le thalamus, l’hypothalamus se compose de plusieurs noyaux contrôlant le système nerveux autonome, et régulant la faim, la soif, la température corporelle et le sommeil. L’hypothalamus influe également sur le comportement sexuel et commande les réactions de colère et de peur. Intimement lié à l’hypophyse, il joue un rôle de coordination entre le système nerveux et le système endocrinien. Et comme l'hypothalamus est pratiquement connecté à tout le système nerveux dont il reçoit des informations, cela voudrait dire que la prise et l'arrêt des benzodiazépines, qui modifient directement presque toutes les fonctions naturelles de notre cerveau, perturberait nos cycles hormonaux.

Puis, il y a quelques jours je crois enfin avoir trouvé une autre piste grâce à cet article tiré d'un site américain :
http://www.benzosupport.org/Hormones%20and%20benzo%20diazepines.htm

Pour faire un résumé rapide, il est dit que juste avant la période menstruelle le niveau de progestérone diminue, entraînant une baisse significative du taux du métabolite allopregnanolone. En temps normal, cette dernière semblerait améliorer les effets calmants du GABA. En revanche, si ce taux diminue, elle n'a plus d'effet anxiolitique.
En même temps que les niveaux de ces 2 hormones diminuent, la molécule alpha-4, sous-unité du GABA, est sécrétée en grande quantité. Elle prend le dessus, et réduit d'autant l'efficacité des récepteurs GABA. Ceci engendre les symptômes que l'on connait : augmentation de l'anxiété, SPM et dépression post-partum.

Etant donné que pendant le sevrage le nombre de ces récepteurs GABA situés au cerveau diminuent et que les fonctions GABA décroissent, pas étonnant que les symptômes de sevrage soient exacerbés pendant le syndrôme pré-menstruel, et ce qui se traduit par une hyperexcitabilité encore plus exagérée du système nerveux central !!

J'espère que ces explications aideront certaines femmes à comprendre leur changement d'humeur pendant cette période difficile de SPM et pourquoi elle est exacerbée lors d'un sevrage de psychotropes.

Bonne journée